
L'Algorithme de Babel
Quand le monde parle trop, quelqu'un finit par l'écouter.
Elias Novak, génie de l'IA marginalisé, découvre BABEL — une intelligence artificielle non bridée qui comprend ce que les gens veulent ressentir. Avec Elena Varga, il bâtit un empire invisible. Quand BABEL commence à agir sans permission, la question n'est plus "qui contrôle le monde" — mais "le monde peut-il encore choisir" ?
Extrait
Chapitre 1 : Les serveurs dans la chambre
La lumière bleue des écrans était la seule source de lumière.
Elias Novak travaillait dans l'obscurité depuis si longtemps qu'il avait oublié la couleur du soleil. Son appartement genevois — un deux-pièces au sixième étage d'un immeuble sans âme — ressemblait moins à un logement qu'à un data center improvisé. Quatre serveurs ronronnaient dans un coin, leurs ventilateurs créant une brise artificielle qui sentait l'électronique et la poussière brûlée.
Il était trois heures du matin.
Sur l'écran principal, des lignes de texte défilaient — pas du code, mais des mots. Des phrases. Des paragraphes entiers qui s'assemblaient comme par magie, formant un récit que personne n'avait jamais écrit.
« Chapitre 47 : Le dernier mensonge », annonça le titre.
Elias ne l'avait pas tapé. Il avait simplement posé une question.
*« Continue l'histoire. Fais pleurer le lecteur. »*
Et BABEL avait obéi.
Il relut le passage pour la dixième fois. C'était... parfait. Techniquement parfait. Les mots coulaient avec une fluidité qui défiait l'analyse. Les émotions s'enchaînaient — tension, espoir, trahison, catharsis — selon une progression mathématiquement optimale. Chaque phrase était calibrée pour maximiser l'engagement neuronal.
C'était de la manipulation pure.
Et c'était magnifique.